Langages, choses, pratiques : l’architecture comme in·discipline
Journée de la recherche ENSAPLV, 28 mai 2026

2026-04-10T07:28:54Z
Langages, choses, pratiques : l'architecture comme in·discipline
Date : 28 mai 2026
Lieu : ENSAPLV - Site Ardennes, 23 rue des Ardennes, 75019 Paris
Comité d’organisation :
Alexandre Gaiser Fernandes, doctorant AMP
Diana Di Matteo, doctorante ATTHEP
Anna Keitemeier, doctorante AMP
Zelal Koç, doctorante LAA
Quentin Montes, doctorant GERPHAU
Emilie Pillon, doctorante LAA
Intervenants : Christopher Dell, théoricien de l’urbain et musicien-compositeur

Modalités de participations

Cet appel à participation est ouvert aux étudiants en master mention recherche et post-master, aux doctorants et post-doc ainsi qu’aux enseignants et chercheurs de l’ENSA Paris-la Villette et des autres écoles d’architecture en France, en Suisse et en Belgique.

Les modalités de participations sont précisées dans l’appel à communication proposé en téléchargement ci-dessous. Elles sont spécifiques selon la nature de votre contribution : participation à la table ronde, atelier ou poster.
Trois thématiques sont proposées :

  • Créer un langage
  • Se rapprocher des choses
  • Produire des pratiques

La proposition de participation devra être envoyée au plus tard le 26 mars 2026 à l’adresse suivante : journeedelarecherche@paris-lavillette.archi.fr

Communications individuelles — Tables rondes

Il s’agit de proposer une présentation qui fait écho à l’une des thématiques proposées. Les participant·es pourront ensuite exposer leurs réflexions durant une quinzaine de minutes, qui seront suivies d’un temps d’échange et de discussions, animé par un·e discutant·e.
Pour participer à une table ronde >>>>> Merci d’envoyer votre proposition d’intervention (maximum 1000 mots) comprenant : titre, résumé de la proposition, mots clés (max. 5), bibliographie indicative (max. 5)

Pour le 11 mai 2026, un abstract de maximum 2000 mots en français ou en anglais sera demandé afin de publier un Livret de la journée.

Ateliers

Dans le souhait de créer des temps d’échanges et de dialogues entre les laboratoires, mais aussi de réfléchir et débattre collectivement, l’appel à proposition pourra prendre la forme d’ateliers, qui permettent d’établir des échanges transversaux.
Pour proposer un atelier >>>>> Merci d’envoyer une proposition (maximum 1000 mots) comprenant : titre, description de l’atelier, bibliographie indicative, affiliation académique des animateur·ices ; besoins en espace et de matériel, nombre de participant·es envisagé·es.
Pour le 11 mai 2026, un résumé de l’atelier de max. 2000 mots en français ou en anglais sera demandé afin de publier un Livret de la journée.

Poster

La représentation graphique — le dessin en particulier — occupe une grande place dans nos travaux de recherche. Nous proposons pour cette JdR d’organiser une session de poster de recherche, qui offrira un espace à la liberté d’expression et de la représentation graphique, et permettrait de valoriser une expression plastique qui fait partie de nos savoir-faire d’architecte, à la fois comme outil de production des connaissances et de leur représentation.
Pour proposer un poster >>>>> Merci d’envoyer une maquette de poster (en A4) comprenant : le titre, les mots clés, un résumé, et un croquis d’intention graphique.
Le poster final, au format libre, sera à envoyer pour le 20 mai 2026 en format numérique à l’adresse journeedelarecherche@paris-lavillette.archi.fr . Il sera imprimé et affiché par le comité d’organisation.

Calendrier

  • 26 mars 2026 : Deadline de soumission des propositions
  • début avril 2026 : Relecture et retours sur les propositions par le comité d’organisation,
  • 11 mai 2026 : Réception des propositions finales pour envois aux discutant·es (sauf poster)
  • 08 juin 2026 : Deadline pour la réception des Post-scriptum .
  • Fin juin 2026 : Diffusion du livret

Les récents échanges dans le cadre de l’élaboration de la première Stratégie de la Recherche de l’École nationale supérieure d’architecture Paris-La Villette (ENSAPLV) ont amené l’ensemble des six laboratoires de l’école, AHTTEP, AMP, GERPHAU, LAA, LET et MAAC à réfléchir à ce qui faisait commun dans leur approche de la recherche en architecture. Les échanges ont ainsi fait ressortir la capacité de l’architecture d’être, avec ses « disciplines amies » qui teintent nos pratiques de la recherche, une puissance invitante.

D’abord métier(s) s’articulant autour de l’art de bâtir, l’émancipation des beaux-arts et la création des Unités Pédagogiques lance des dynamiques autour de la recherche architecturale, dont le cadre disciplinaire est alors délimité « par les champs respectifs des études architecturales, de la recherche technologique et de la recherche urbaine », mais qui, dès 1976 « malmène[nt] les frontières entre les disciplines » .

L’architecture, déjà, se révèle in·disciplinée — les alliances nouées avec les disciplines amies (urbanisme, paysage, sociologie, anthropologie, histoire, écologie, géographie, philosophie, sciences de l’ingénieur…) entretiennent des ambivalences avec les frontières des disciplines.
Aujourd’hui, comment générer des connaissances dans les métiers de l’architecture avec l’introduction de nouvelles questions disciplinaires, et les nouvelles formes de faire de la recherche ?

L’essor récent des studies dans le monde anglophone signale moins une simple diversification de l’offre académique qu’une véritable reconfiguration des frontières disciplinaires. Ces postures déplacent les repères : elles construisent leurs concepts et paradigmes, transforment les mots et développent des méthodes, le tout en revendiquant une position critique d’indiscipline. Cette contestation d’une « science normale » permet de rendre visibles des objets longtemps jugés inclassables et des complexités ignorées. Dans cette reconfiguration, l’architecture n’échappe pas aux frictions à la fois dans sa construction en tant qu’in·discipline, mais aussi prise dans son rapport à la transdisciplinarité. Comment développer une rigueur située, relationnelle et légitime ? Comment tisser un langage commun quand les vocabulaires divergent ? Quelle place donner à la sérendipité dans la production des savoirs ?

La prochaine Journée de la Recherche (JdR) propose d’ouvrir ce débat : Comment penser l’architecture comme in·discipline, non pour s’affranchir de toute rigueur, mais pour expérimenter nos autres manières de faire science ?
Pour nourrir cette réflexion et engager le dialogue entre les forces vives de la recherche de l’ENSAPLV et d’ailleurs, nous proposons trois thématiques autour desquelles articuler les contributions.

Créer un langage

Le lexique actuellement employé — de la régénération à la résilience, du placemaking au co-design — reflète des transformations culturelles, technologiques et politiques qui influencent la manière dont l’in·discipline architecturale se représente et est représentée. L’attention portée au langage et la dimension sémiotique et performative des termes architecturaux permettent d’interroger de manière critique les processus par lesquels se construisent les significations, les identités professionnelles et les récits publics. Créer un langage c’est aussi permettre à des dialogues de naître et d’exister. Le vocabulaire utilisé devient une manière de construire un regard et d’interroger autrement nos objets de recherches.
Comment parler de la (recherche en) architecture ? En quoi la pratique d’un langage partagé reflète -t-elle l’in·discipline de l’architecture ?

Se rapprocher des choses

La formulation d’un objet de recherche architectural réclame une réflexion théorique et méthodologique qui englobe les savoirs constitués en architecture et dans les « disciplines amies ». Ces « choses » autour et avec lesquelles se construit l’in·discipline architecture rassemblent à la fois comme les artefacts propres à l’acte de bâtir, les pratiques spatiales et temporelles de l’architecture, et à leurs résultats. C’est aussi le sujet-objet de la recherche.
Quelles sont alors les choses que l’in·discipline architecturale regarde, c’est-à-dire ces entités inachevées qui sont aussi composées de gestes, savoirs, et relations ? En quoi ces choses participent à faire vivre et évoluer l’in·discipline architecture ?

Produire des pratiques

Les alliances avec les « disciplines amies » façonnent les manières de produire du savoir en architecture. Entre enquêtes qualitatives et approches quantitatives, analyses de sources et d’archives, techniques graphiques, recherche par le design, immersion sur le terrain, la recherche architecturale mobilise un large spectre d’outils souvent recomposés au contact d’autres champs.
Cette section invite à examiner les gestes, protocoles et hybridations méthodologiques qui structurent nos pratiques : comment les démarches issues du projet déplacent-elles les objets de recherche ? Dans quelle mesure les méthodes élaborées en architecture questionnent d’autres rapports à la matière, à l’espace et aux temps ? Dans quelle mesure les méthodes d’autres disciplines questionnent l’in·discipline architecture ? Que rendent possible ces in·disciplines méthodologiques ? Et comment systématiser ces expérimentations sans en réduire la portée exploratoire ?