Quatrième rencontre Jean-Louis Cohen : « Enseignement et transmission »
Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Galerie Colbert, 12 septembre 2026

2026-03-09T18:56:47Z
Quatrième rencontre Jean-Louis Cohen : « Enseignement et transmission »
Date : 12 septembre 2026
Horaires : 9h – 18h30
Lieu : Galerie Colbert, Salle Jullian, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 2 rue Vivienne / 6 rue des petits Champs, Paris
Organisateurs : Cité de l’architecture et du patrimoine et les laboratoires ACS (ENSA Paris-Malaquais), Ahttep (ENSA Paris-la Villette), IPRAUS (ENSA Paris-Belleville), OCS (ENSA Paris-Est), avec le soutien de l’HiCSA (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne).
Comité d’organisation :
Catherine Blain, IPRAUS, ENSA Paris-Belleville
Paul Bouet, OCS, ENSA Paris-Est
Corinne Jaquand, IPRAUS, ENSA Paris-Belleville
Catherine Maumi, Ahttep, ENSA Paris-la Villette
Guillemette Morel Journel, ACS, ENSA Paris-Malaquais
David Peyceré, Centre d’archives d’architecture contemporaine, Cité de l’architecture et du patrimoine
Comité scientifique :
Barry Bergdoll, Columbia University
Maristella Casciato, Getty Research Institute
Vanessa Grossman, University of Pennsylvania
Carola Hein, TU Delft
Caroline Maniaque, ENSA Normandie
Clément Orillard, École d’urbanisme de Paris
Ana Tostões, Universidade Técnica de Lisboa, Docomomo International

Rencontres Jean-Louis Cohen : « Héritages et perspectives »

Par l’ampleur de son œuvre et de ses engagements, Jean-Louis Cohen a profondément marqué le champ de l’histoire de l’architecture et de l’urbanisme, non seulement en France mais dans le monde. Historien de la modernité architecturale, il s’est attaché à en étudier les principales figures, ainsi que les développements plus anonymes, sans en négliger les moments les plus sombres. Participant à l’essor de l’histoire mondiale, il a mis l’accent sur les circulations internationales qui ont alimenté la globalisation de l’architecture. Ses terrains de recherche ont porté aussi bien sur l’Europe et l’Amérique du Nord que sur le Maroc colonial ou l’URSS, avec le souci constant d’analyser les connexions entre ces différentes scènes. Par-delà ces travaux fondamentaux, Jean-Louis Cohen a aussi forgé une approche de l’histoire et des concepts, comme celui d’« interurbanité », cherchant par là à caractériser les transferts complexes qu’il traquait entre les villes du monde. Auteur et chercheur prolifique, il n’a cessé d’enseigner et de renouveler les formes de la transmission, qu’il s’agisse de grandes expositions organisées sur différents continents, de la préfiguration de la Cité de l’architecture à Paris, ou de la série de cours publics donnés en tant que professeur invité au Collège de France.

Après la disparition soudaine de Jean-Louis Cohen en 2023, nous souhaitons revenir sur les héritages qu’il nous a transmis et nous interroger sur les perspectives qu’il a contribué à ouvrir pour l’histoire de l’architecture. Plus que d’organiser un hommage, il s’agit de réfléchir collectivement aux chantiers intellectuels qu’il a alimentés et parfois suscités, marquant plusieurs générations de chercheuses et chercheurs. Quel est le legs de la pensée et de l’action de cet historien qui nous anime aujourd’hui ? Comment nous en emparons-nous pour déployer de nouvelles pistes de recherche ? Comment nous en écartons-nous aussi ? Ces questionnements se veulent rétrospectifs, mais aussi tournés vers le présent et l’avenir de l’histoire de l’architecture.

Les Rencontres Jean-Louis Cohen prennent la forme d’un cycle de journées d’études internationales organisées à Paris. Chaque journée est consacrée à un thème permettant d’éclairer un aspect des héritages et perspectives ouverts par son travail. Les propositions de communications s’inscriront dans chacun des thèmes définis. Elles peuvent porter sur un aspect particulier de la production de Jean-Louis Cohen (livres, expositions, enseignements, etc.), sur des enjeux plus méthodologiques (concepts, approches, sources, etc.) ou encore sur des travaux de chercheurs discutés en lien avec ses apports. Ces Rencontres sont non seulement ouvertes aux personnes ayant interagi avec lui, mais aussi et surtout aux chercheurs avec lesquels son travail résonne.

Thème de la quatrième rencontre : « Enseignement et transmission »

Jean-Louis Cohen en 2009.
Jean-Louis Cohen en 2009.
© Gitty Darugar

Le parcours d’enseignant de Jean-Louis Cohen se déploie sur cinquante ans ; il l’a amené à travailler dans un très grand nombre d’institutions, depuis les écoles d’architecture et d’urbanisme en France jusqu’à l’Institute of Fine Arts de New York University et au Collège de France, dont il fut professeur invité de 2014 à 2021. Tout au long de cette carrière, l’enseignement de l’histoire de l’architecture s’est transformé, et c’est plus largement la transmission de ce savoir au-delà du monde universitaire qui a changé.

Pédagogies

Traditionnellement enseignée selon le format du cours magistral, l’histoire de l’architecture connaît une multiplication des manières d’opérer cette transmission, auxquelles s’est essayé Jean-Louis Cohen. Tout en faisant de l’intervention en amphithéâtre le cœur de son activité d’enseignant et de conférencier, il a investi des formats d’enseignement et de co-construction des savoirs comme les séminaires, qui ont joué un rôle majeur dans ses productions de chercheur, de l’EHESS à New York University et Princeton. Parallèlement, il a su s’adresser à des publics plus larges que les étudiants et étudiantes en architecture ou en histoire de l’art à travers des cours publics, tels ceux qu’il a donnés au Collège de France, qui sont accessibles sur internet . Comment la pédagogie et les formats de l’enseignement de l’histoire de l’architecture ont-ils évolué, au cours du XXe siècle et au-delà ?

Doctorat

Conscient de l’importance de structurer la recherche en histoire de l’architecture, Jean-Louis Cohen a pris une part active au développement du doctorat en architecture. En France, cet engagement s’est traduit par la co-création, avec Monique Éleb et Yannis Tsiomis en 1991, d’un enseignement inter-écoles de troisième cycle : le diplôme d’études approfondies (DEA) « Le projet architectural et urbain ». Cette formation s’est avérée déterminante pour accompagner plusieurs générations de jeunes diplômés vers le doctorat et pour l’intégration du troisième cycle aux programmes des écoles nationales d’architecture. L’encadrement de dizaines de thèses de doctorat dans plusieurs pays a constitué une contribution majeure de Jean-Louis Cohen à la formation de chercheurs et de nouveaux enseignants. Alors que les débats sur la recherche architecturale restent animés, comment situer son action dans cette évolution, et en quoi peut-elle éclairer les questions que soulève actuellement le troisième cycle d’études au sein des écoles ?

Pratiques

La place de l’enseignement de l’histoire de l’architecture dans les institutions où elle est présente n’a cessé d’être redéfinie, aussi bien dans les écoles d’architecture et d’urbanisme que dans les départements d’histoire de l’art. Jean-Louis Cohen avait à cœur de dialoguer avec ses pairs universitaires bien sûr, mais aussi avec des architectes praticiens ainsi qu’avec des acteurs engagés dans l’acte de bâtir comme les hommes et les femmes politiques. Pour autant, il mettait aussi régulièrement en garde contre la tentation récurrente d’une histoire « opérative », qui serait instrumentalisée par la pratique plutôt qu’obéissant à ses propres règles. Comment les rapports entre enseignement du projet et enseignement de l’histoire, ou entre l’histoire de l’architecture et l’histoire des arts ont-ils évolué ? Est-il toujours nécessaire de distinguer l’enseignement de l’histoire et l’enseignement de la théorie de l’architecture ? En quoi l’intérêt croissant pour les questions patrimoniales et l’intervention sur l’existant peuvent-ils être une occasion pour étendre les usages de l’histoire ?