Sophie Descat a proposé dans ce cadre une communication sur le second Opéra de Paris (1770-1781), en analysant la structure invisible en fer forgé des loges, à partir d’un dessin inédit, très détaillé, conçu par l’architecte de l’édifice, Pierre-Louis Moreau, pour être offert à un collègue suisse, Erasmus Ritter. Ce dessin, aujourd’hui conservé à la Bürgerbibliothek de Berne, permet de nourrir plusieurs hypothèses, notamment le fait que l’emploi du métal en tant qu’élément structurel intéresse très tôt les architectes, qui sont les premiers à en appréhender les potentialités constructives. Effectué de manière à dévoiler et transmettre avec clarté ce qui est caché, ce dessin peut être mis en parallèle avec les exemples de publications — comme celles de Pierre Patte ou Jean-Baptiste Rondelet — diffusant les « secrets » de la pierre armée de l’architecture ordonnancée. Il révèle à la fois l’importance de l’utilisation du fer dans les structures non perceptibles, comme le désir des architectes de transmettre les innovations techniques qui font partie intégrante de leurs projets. Enfin, de manière assez originale et subtile, dans le cas de la salle d’opéra du Palais-Royal cette structure cachée permet à Moreau, non seulement d’améliorer grandement la visibilité de la scène en supprimant tout support vertical, mais aussi de rendre invisible le système des loges, conciliant ainsi les usages en vigueur et l’idéal de l’amphithéâtre antique aux assises continues. C’est ce double jeu de cache-cache, structurel et fonctionnel, qui fait l’objet de cette communication.
Hidden... but not secret : the metal structure of the Palais-Royal opera house in Paris (1770-1781)
Communication, lors des journées d’étude « Strutture Nascoste », CHG du Politecnico di Torino, mars 2024
2024-03-01T14:21:00Z
2026-02-23T08:47:52Z

La quatrième édition du séminaire du Construction History Group (CHG) du Politecnico de Turin aborde le thème des structures cachées. Par cette expression, nous entendons des dispositifs ou des systèmes spécifiques ayant une fonction structurelle, cachés à la vue soit intentionnellement (afin de rendre possibles des solutions structurelles spécifiques, et parfois de les masquer), soit de par leur nature propre (comme les attaches en bois ou en métal – en Italien, « radiciamenti » – encastré dans les murs de maçonnerie ou dans certains types de fondations), et donc détectables uniquement par des preuves documentaires ou des inspections ou méthodes d’investigation particulières.
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