Présentation de la formation
Les mutations et transformations territoriales, urbaines et architecturales observables dans bien des parties du monde actuel constituent un défi qui ne se se limite pas aux seuls aspects spatiaux. Observer ces transformations ne saurait donc suffire ; il faut les comprendre pour mieux agir, et pour ce faire, la mobilisation des chercheurs est non seulement utile, mais nécessaire. L’objectif de la formation est d’introduire de jeunes chercheurs à la compréhension de ces mécanismes et à la production de connaissances scientifiques essentielles aux domaines de l’architecture, de l’urbanisme et du paysage.
Dans cet objectif, le Post-master Recherches en Architecture permet d’acquérir un bagage scientifique transversal et offre l’opportunité d’une première expérience de recherche au sein d’une équipe de recherche.
Il s’agit, avec cette année de formation de troisième cycle, de s’acculturer au milieu de la recherche en architecture et de faire une première expérience de longue durée en travaillant à la rédaction d’un projet de recherche personnel. Cette acculturation et cette expérience permettent d’acquérir de nouveaux outils et méthodes qui pourront être mobilisables tant dans le milieu de la recherche – en poursuivant en thèse –, que dans tout autre cadre professionnel où ces nouvelles compétences professionnelles sont recherchées.
Le Post-master introduit aux approches scientifiques qui caractérisent les travaux menés au sein des différentes équipes de l’ENSA Paris-la Villette. L’architecture, la ville et le paysage constituent, selon les orientations de la recherche, des objets ou des terrains de recherche, des contextes à partir desquels sont posées des questions théoriques et épistémologiques de production de la recherche.
Il prépare à de nouvelles pratiques professionnelles et/ou à l’inscription en thèse par l’approfondissement de connaissances dans les domaines de l’architecture, de la ville et du paysage et, par l’acquisition de nouveaux savoir-faire, méthodes et approches.
Organisation de la formation
La formation se déroule sur l’année, le vendredi (de 9h30 à 17h30), sur le site de la rue des Ardennes où sont réunies les six équipes de recherche de l’ENSA Paris-la Villette. Elle équivaut à 60 crédits ECTS.
Elle est constituée d’une partie de « Tronc commun », dispensée par les six équipes de recherche de l’ENSA Paris-la Villette (15 ECTS) et d’une partie « Immersion » prise en charge par chacune des six équipes de recherche (45 ECTS), qui comprend l’encadrement et la production d’un mémoire soutenu en fin d’année.
L’ « immersion » Ahttep
L’équipe Ahttep (Architecture Histoire Techniques Territoires Patrimoines), complète et étend, de par son approche historienne, les axes de recherche explorés au sein de l’ÉNSA Paris-la Villette. Une telle démarche, convoquant l’histoire, a pour objectif de développer de nouveaux regards sur les grands enjeux de l’époque contemporaine, tels qu’ils marquent l’environnement construit : crises environnementale et énergétique, phénomènes de métropolisation et de globalisation des échanges. Il s’agit également de questionner l’architecture en tant que champ culturel en analysant ses différentes formes de médiation. L’approche historique est entendue comme une mise en perspective critique dans un dialogue élargi avec les domaines d’analyse et les champs de connaissance également portés par d’autres sciences sociales : géographie, sociologie, entre autres.
L’immersion proposée par l’équipe Ahttep vise, par la production d’un mémoire, le développement d’une réflexion à partir des outils spécifiques à la recherche en histoire dans les domaines de l’architecture, de la ville, du territoire, des techniques ou encore du patrimoine. Nous considérons en effet que ces méthodes sont à même d’apporter des éclairages pertinents face aux défis et enjeux spécifiques de notre époque.
Le mémoire produit dans le cadre de l’immersion Ahttep peut s’appréhender comme une recherche aboutie sur un sujet clairement circonscrit ou bien, dans la perspective d’une thèse, comme une « étude de faisabilité ». Dans ce cas, il s’agira moins de développer toutes les dimensions d’une recherche que de mettre en évidence l’intérêt et le caractère réalisable de celle-ci en tant que sujet de thèse.
Dans tous les cas, le mémoire, rédigé dans le respect des normes académiques, devra montrer la maîtrise de méthodes de recherche spécifiques : définition d’un sujet original, clairement défini en termes de problématique et de bornage chronologique et géographique ; production d’un état de l’art ; présentation des sources mobilisées ; création et mise en œuvre d’instruments de recherche spécifiques au sujet étudié (bases de données, cartographie, analyses graphiques, …). Si les sujets peuvent concerner toutes les zones géographiques et toutes les périodes, y compris les plus contemporaines, les sources à mobiliser, qu’elles soient écrites (fonds d’archives, revues, publications) ou orales (entretiens), devront être clairement définies, localisées, et accessibles durant l’année du post-master.
Le programme est conçu de manière à alterner conférences d’enseignants-chercheurs, de doctorants et de jeunes docteurs, et des séances d’ateliers de méthode et d’écriture. Si les conférences sont destinées à enrichir les réflexions sur des sujets variés, les ateliers sont conçus pour permettre de maîtriser progressivement, tout en les interrogeant, les outils et les méthodes de la recherche en histoire de l’architecture, de la ville, du territoire et du paysage.
Exemples de mémoires soutenus
(* étudiants ayant poursuivi en thèse)
- François Beaurain*, « La guerre des cinémas. Salles de cinéma, mouvement indépendantiste et cinéma égyptien dans le Maroc colonial », 2025
- Yukio Chapuis, « L’étiquette de la bataille. Charles Jencks et la construction médiatique du Post-Modernisme (1969-2011) », 2025
- Zoé Frommer, « Aldo Rossi et la présence d’Etienne-Louis Boullée (1967-1981) : l’architecture Autobiographique », 2025
- Jade Richard « Histoires à soi. Vers un renouvellement de l’histoire de l’architecture au prisme des théories et pratiques féministes ? », 2025
- Hugo Tremolada, « Structurer la ville par l’industrie. L’impact des politiques d’aménagement sur le développement industriel et urbain d’Annecy (1950-1983) », 2025
- Ninon Barray*, « Bâtir la cité de Noisy-le-Sec (1945-1952) ; les processus de l’expérimentation à l’issue de la guerre », 2024
- Léa Hascoët*, « Une architecture universitaire au service de la recherche scientifique : l’institut du radium,1906-1936 », 2024
- Léo Figuet*, « Radical “revival“ ? L’architecture radicale à l’épreuve des expositions contemporaines (1991-2003) », 2024
- Tamara Moroz*, « Entre l’invention et la conformité : la formation de l’architecture funéraire dans le concours du Grand Prix de 1755 », 2024
- Arthur Besnard*, « Regards sur l’architecture rurale. Raymond Canteloup, un architecte dans le Chantier 1425 (1942-1944) », 2023
- Mira Al Ayass, « Reconstructions au Liban : le cas des maisons traditionnelles beyrouthines entre 1990 et 2020 », 2022
- Nadia Kouddane, « Le site de l’Union dans la Métropole européenne de Lille. UN exemple d’élaboration de projet métropolitain », 2022
- Flora Pham, « Les Congrès internationaux des architectes (1867-1911) et la définition du métier d’architecte. La reconnaissance professionnelle de l’architecte en débat en France et en Italie », 2022
- Rosalie Robert, « 1992, un concours pour achever Jussieu », 2022
- Thibaud Toussaint*, « Transferts entre pratique professionnelle et pédagogique. Les matériaux dans les conférences techniques à l’École des beaux-arts de 1949 à 1965 », 2022
- Aline Aumont, « Les salles de spectacle, une expérience climatique de l’architecture. Salles de cinéma parisiennes dans l’entre-deux-guerres », 2021
- Rachida Abikchi*, « Le temporaire et le sol. Lecture spatiale des outils dérogatoires spécifiques au transit », 2021
- Zoé Faou, « Transformation de l’A186 à Montreuil. La mutation des autoroutes urbaines est-elle influencée par une nouvelle perception des infrastructures autoroutières ? », 2021
- Vincent Le Mau de Talance, « Aménager le rond-point des Bergères de 1955 à 2015 », 2021
- Ibrahim Squalli, « Les foires d’échantillon du Maroc entre modification des tracés urbains et promotion d’une architecture nouvelle : le cas de Fès et de Rabat (1916-1927) », 2021
- Sarah Blouin*, « La Société centrale des architectes : formes et enjeux de l’organisation des architectes français entre 1811 et 1846 », 2020
- Khalifa Kernachif, « Formes urbaines et centralité dans l’espace urbain d’Oran. Cas du quartier colonel Lotfi », 2020
- Lucas Mongin, « L’œuvre architecturale de Lina Bo Bardi. Le processus narratif d’une « redécouverte », 2020
- Antoine Perron*, « La machine contre le métier. Les architectes et la critique de l’industrialisation du bâtiment en France, de 1940 au milieu des années 1950 », 2020
- Hakim Charbel*, « André-Louis Arfvidson (1870-1935), un architecte dans son milieu social et professionnel », 2019
- Fabienne Ponsolle, « La vision des grands ensembles portée par la revue L’Architecture d’Aujourd’hui dans la période de 1950 à 1973 », 2019
- Nacera Bettouche, « La production architecturale en Algérie entre 1900-1930 : l’émergence de la culture locale et la concrétisation d’une commande d’État », 2018
- Lyna Bourouiba*, « Le degré zéro de l’écriture architecturale selon Bruno Zevi. Un défi pour l’architecture du XXe et du XXIe siècle », 2018
- Ana Chatelier*, « Les enseignants latino-américains à UP6. Des vecteurs de transformation dans l’enseignement de l’architecture en France ? (1969-1990) », 2018
- Odilon Ottinger, « Vers une architecture typographique, de l’affiche à la façade », 2019
- Pramote Seemak*, « Le réseau de canaux d’Ayutthaya, Thaïlande : transformation architecturale à travers le développement urbain et la patrimonialisation (1940-1991) », 2018
- Aknine Malika, « Le logement social en Algérie 1950-1962 : une expression architecturale ségrégative ? », 2017
- Rouba Kaedbey, « L’efficacité des pratiques urbaines dans les quartiers irréguliers, vers de nouvelles formes d’urbanité. Ouzai, Beyrouth (1950-2015) », 2017
- Nadia Rouizem Labied*, « Les expérimentations de logements sociaux en terre crue au Maroc dans les années 1960 et leur devenir », 2017
- Chika Tatsuta, « Les représentations de l’architecture en bois en France : analyse des revues (1945-1970) », 2016
- Hakima El Kaddioui*, « Comprendre l’ornementation domestique récente », 2016
- Wei Zhang, « Reconstruction du patrimoine. La Tour de porcelaine de Nanjing », 2015
- Selma Brinis*, « Réseaux ferroviaires et développement urbain en banlieue parisienne. Éclairages historiques sur des perspectives d’avenir. Cas de la boucle nord de la Seine, 1837-2027 », 2015
- Joël Schaack, « Juste Lisch (1828 -1910). Construction d’une carrière, constitution d’une profession », 2024
- Mahmoud Mostefaoui, « La reconstruction d’Orléansville (1954-1960). Un laboratoire d’architecture et d’urbanisme moderne », 2014
- Yehudi Morgana*, « Entretien et architecture. La vie du Centre Georges Pompidou depuis 1977 », 2014
- Cherif Noureddine Benaissa*, « Prélude à l’étude du chemin de fer algérien pendant la période coloniale (1857-1939) », 2014




