Antonio Brucculeri et Fleur Richard dialoguent avec Olivier Prisset (InTRu, Université de Tours)
Comment un architecte, ancien élève de l’École des beaux-arts de Paris, fait-il carrière en province dans la France de 1850 ? De quelle manière, une fois fortune faite, parvient-il à transmettre sa clientèle à ses fils afin qu’ils puissent assurer sa succession ? Comment évoquer le cadre de leur activité, le profil de leurs employés et les stratégies professionnelles qu’ils développent ? La recherche doctorale menée par Olivier Prisset, qui a donné lieu à une importante monographie récemment parue, résulte de l’étude des 80 mètres linéaires d’archives du cabinet créé par Alfred (1824-1885), Henry (1848-1917) et Louis Dauvergne (1852-1937). Ensemble, ils ont travaillé à Paris, en France et en Europe. Châteaux, maisons, églises, écoles, usines... À travers plus de 1.300 bâtiments qu’ils ont construits ou transformés, ces praticiens ont contribué à forger les paysages du Berry, région d’élection de leur cabinet, et l’identité architecturale des institutions publiques locales. Depuis la naissance du Second Empire et jusqu’au lendemain de la Première Guerre mondiale, la dynastie Dauvergne nous apparaît dans toute l’étendue de son exceptionnelle normalité, par sa durée d’exercice et l’abondance de son oeuvre bâtie. Olivier Prisset nous plonge dans un récit passionnant et inédit permettant de retracer les bouleversements économiques de la société française, urbaine et rurale, à l’heure des révolutions industrielles.
Olivier Prisset est docteur en histoire de l’art contemporain et chercheur associé à l’InTRu (EA 6301). Il étudie l’architecture publique et privée ainsi que les réseaux d’acteurs français et européens de la construction du XIXe siècle. Il a enseigné à l’université de Tours et à l’université Rennes 2. Depuis mars 2024, il est commissaire scientifique de la rétrospective Dauvergne organisée par le département de l’Indre et les villes d’Argenton-sur-Creuse, du Blanc, de Châteauroux et de La Châtre.

