Leon Battista Alberti (1404-1472)
Construction and transmission of an architectural culture through the material and immaterial journeys of a humanist-architect

2026-03-09T11:53:48Z
Leon Battista Alberti (1404-1472)
Équipe : Antonio Brucculeri (ENSA Paris-La Villette), Giulia Ceriani Sebregondi (Università della Campania « Luigi Vanvitelli »)
Financement : Visiting Researcher Program (Università della Campania « Luigi Vanvitelli »)

Objectifs

« Alberti est la figure la plus influente de l’histoire de l’architecture de la Renaissance. Son ouvrage De re aedificatoria est probablement le texte le plus intelligent et le plus influent jamais écrit sur l’architecture », comme l’a affirmé l’historien de l’architecture Howard Burns. En se basant sur le large éventail de lieux mentionnés dans cet ouvrage, sans toutefois l’isoler du contexte complexe et vaste des œuvres littéraires de l’auteur, le projet de recherche commun proposé, vise à approfondir l’analyse des voyages matériels et immatériels de Leon Battista Alberti, et ainsi à reconstituer une cartographie albertienne basée sur les lieux qu’il a visités et la littérature, ancienne et contemporaine, à laquelle il a eu accès et qu’il a commentée. Ce parcours à plusieurs niveaux et ce double registre géographique, liés d’une part aux voyages et séjours divers d’Alberti, et d’autre part à ses nombreuses lectures, constituent la base du développement d’un vaste répertoire de connaissances sur l’architecture et la construction, et ont alimenté la création d’un système de connaissances et de références à assimiler et à réinterpréter. Ce système était destiné aux lecteurs de son traité, mais il reflétait avant tout la propre expérience d’Alberti dans le domaine de la culture architecturale et de la construction, qui se traduisait dans son approche et sa contribution à l’architecture bâtie.

La recherche conjointe vise à explorer la biographie de l’architecte d’une manière nouvelle, comme outil d’investigation historique des sources de sa conception de l’architecture, en croisant et en superposant, à cette fin, les nombreuses expériences directes et indirectes des lieux qui ont marqué son parcours biographique.

Antonio Brucculeri s’est déjà intéressé, en 2022, à la redécouverte, entre la France et l’Italie, de la figure d’Alberti entre le XVIIIe et le début du XIXe siècle, tandis que, depuis l’année universitaire 2020-2021, il a assuré un cours monographique (ENSA Paris-Val de Seine) sur la figure d’Alberti, humaniste et architecte, en accord avec la nature multidisciplinaire de sa vision de l’architecture, thème qu’il a repris et développé dans le cadre d’un nouveau cours optionnel à l’ENSA Paris-La Villette, à partir de l’année universitaire 2025-26, dans le prolongement de cette première expérience pédagogique. Depuis la seconde moitié des années 2010, le prisme analytique des voyages de l’architecte comme outil d’exploration de l’histoire de l’architecture est un thème structurant de son activité scientifique.

Spécialiste de l’histoire de l’architecture de la Renaissance, Giulia Ceriani Sebregondi s’intéresse plus particulièrement, depuis le début des années 2010, à la formation des architectes à la Renaissance. Dans cette perspective, ses expériences de recherche alimenteront l’attention au De re aedificatoria comme document textuel révélant à la fois la formation d’Alberti en architecture, à travers de nombreuses sources antiques, Vitruve en tête, mais aussi son expérience directe de l’architecture antique et médiévale, et plus largement sa connaissance des méthodes de représentation et de calcul, des matériaux de construction et son expérience des chantiers du XVe siècle ; mais aussi la valeur didactique et prescriptive de son traité, à la lumière du réseau de bâtiments, de villes, de paysages et de sites évoqués dans ses pages .

Le projet de recherche s’inscrit dans une perspective où la culture architecturale contemporaine continue de se référer, de manière plus ou moins pertinente, à Alberti comme précurseur des fondements de l’architecture occidentale. Du côté contemporain, le projet répond dans une certaine mesure à la question posée en 2019 par Marco Biraghi : « Qui est l’architecte aujourd’hui ? » (Marco Biraghi, L’architetto come intellettuale, Torino, Einaudi, 2019), qui faisait allusion à la figure de l’architecte intellectuel, résumant la parabole temporelle d’Alberti à Aldo Rossi, par opposition à la figure dominante du professionnel qui n’a ni la capacité ni l’ambition de proposer une vision globale et, surtout, critique de la ville et de la société dans lesquelles il vit.

Un projet entre France et Italie

Si la question de la réception des écrits théoriques d’Alberti a été pertinemment soulevée par D.R. Edward Wright à propos du traité De Pictura, c’est en France, au début des années 2000, que la question des lectures et des lecteurs d’Alberti par rapport à son vaste corpus d’écrits a été effectivement identifiée par Francesco Furlan comme un véritable champ d’investigation. Se concentrer sur le Quattrocento italien et la nature multidisciplinaire de l’architecture dans ce contexte, en mettant l’accent sur la dimension du parcours de l’architecte, à la fois réel et virtuel, comme outil de formation continue et de construction progressive d’une culture architecturale et de ses formes de transmission, représente une occasion importante de donner de l’espace, de manière interlocutoire, à une chronologie généralement de moins en moins fréquentée, en France comme en Italie, dans l’étude de l’histoire de l’architecture et dans la formation des architectes du XXIe siècle.
Le projet de recherche vise à s’inscrire dans la continuité des échanges intellectuels entre les milieux universitaires français et italiens qui, entre le milieu des années 1990 et le début des années 2000, ont donné lieu, d’une part, au colloque international organisé par Francesco Furlan, Pierre Laurens et Sylvain Matton, dont les actes ont été publiés en 2000, et, d’autre part, au projet de traduction en français du De re aedificatoria (L’Art d’édifier), édité par Pierre Caye et Françoise Choay, achevé en 2004, qui a suscité un regain d’intérêt chez les chercheurs pour le traité d’architecture d’Alberti ; en gardant à l’esprit l’avertissement lancé par Furlan lui-même en 2003 en ces termes : « Le problème auquel tout lecteur d’Alberti est d’emblée confronté consiste à comprendre l’origine d’une œuvre dont la profondeur n’a d’égale que sa variété, à expliquer donc, mais d’abord à soi-même, l’unité originaire d’un ensemble que ni le « caméléonisme » invoqué poétiquement par Cristoforo Landino, ni l’« universalisme » dont de 1850 à 1970 au moins, et donc pendant plus d’un siècle on a pu naïvement se servir pour qualifier Alberti, ne nous aident à comprendre ou à définir de manière satisfaisante » (F. Furlan, Studia Albertiana. Lectures et lecteurs de L.B. Alberti, Turin/Paris, N. Aragno-J. Vrin, 2003, avant-propos, p. 7).

Activités

  • Séminaire doctoral, Dipartimento di Architettura e Disegno Industriale (DADI), Università della Campania « Luigi Vanvitelli », 25 février 2026 :
    « I luoghi di Alberti. Costruzione e trasmissione di una cultura architettonica attraverso i viaggi materiali e immateriali di un umanista-architetto » / « Les lieux d’Alberti. Construction et transmission d’une culture architecturale à travers les voyages matériels et immatériels d’un humaniste-architecte ».
    Antonio BRUCCULERI, professore ordinario (ENSAPLV, Parigi)
    Giulia CERIANI SEBREGONDI, professoressa associata (UniCampania, Aversa/Napoli)
    Avec Francesca CASTANO’, professoressa associata, Ornella CIRILLO, professoressa associata, Chiara INGROSSO, professoressa associata, Danila JACAZZI, professoressa ordinaria, Elena MANZO, professoressa ordinaria, Giuseppe PIGNATELLI SPINAZZOLA, professore associato, Riccardo SERRAGLIO, professore associato (UniCampania, Aversa/Napoli)
Document-joint
« I luoghi di Alberti. Costruzione e trasmissione di una cultura architettonica attraverso i viaggi materiali e immateriali di un umanista-architetto » / « Les lieux d’Alberti. Construction et transmission d’une culture architecturale à travers les voyages matériels et immatériels d’un humaniste-architecte »
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